Peiner (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

X e siècle, au sens de « faire des efforts » ; XI e siècle, au sens de « tourmenter ». Dérivé de peine .
1. V. tr. Affliger, attrister ; causer du chagrin, de l'inquiétude à quelqu'un. Cette nouvelle nous a peinés. Votre situation me peine extrêmement. Je suis peiné de l'apprendre. Impers. (rare). Il me peine de les savoir dans le besoin. Au participe passé, adjt. Vous me voyez fort peiné de cet échec. Un ton peiné.
2. V. intr. Fournir beaucoup d'efforts. Les chevaux de halage peinaient beaucoup. Ces ouvriers ont peiné tout le jour dans les champs . Pron. (vieilli). Il n'aime pas à se . Par anal. Le moteur peine dans les côtes , n'est pas assez puissant et doit fournir un trop grand effort. Peiner à (suivi d'un verbe à l'infinitif), ne parvenir qu'avec difficulté à accomplir quelque chose. Peiner à marcher. On peine à le suivre dans ses discours, dans ses raisonnements . Fam. Peiner sur (suivi d'un nom), travailler longuement et avec difficulté à une tâche. Peiner sur un devoir, sur une traduction .


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Faire de la peine, causer du chagrin, de l'inquiétude, affliger. "Cette nouvelle m'a beaucoup peiné. Votre situation me peine extrêmement."
Il s'emploie aussi intransitivement et signifie Faire des efforts pour, se fatiguer à. "On peine beaucoup à marcher dans ces chemins raboteux. Il a beaucoup peiné sur ce travail. On peine à suivre cet orateur diffus."
"Cette poutre, cette solive peine beaucoup, peine trop," Elle est chargée d'un poids trop lourd.
PEINER s'emploie quelquefois impersonnellement. "Il me peine de vous voir faire cette besogne."
Le participe passé s'emploie adjectivement et signifie Qui a de la peine, du chagrin. "Vous me voyez fort peiné."
Il signifie aussi Qui trahit beaucoup de peine, d'effort, de travail. "Un style peiné."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Causer de la fatigue. Ce travail vous a beaucoup.
BOSSUET: « Comment, en faisant le monde par sa parole, il [Dieu] montre que rien ne le peine »

 2   Causer du chagrin, de l'inquiétude.
SÉV.: « Le soulagement de quelque chose qui vous peine »
     Mém. de Trév. 1725: Cet objection ne peine pas plus l'auteur que la première

 3   Faire avec difficulté (peu usité en ce sens). Ce peintre peine beaucoup ses ouvrages.

 4   V. n. Se fatiguer à.
LA FONT.: « Nous suons, nous peinons comme bêtes de somme »
BOSSUET: « Le cerveau peine en ceux qui n'ont pas acquis cette heureuse immobilité [l'immobilité de l'âme dans l'attention] »
FONTEN.: « M. de Leibnitz peinait quelquefois à parler »
SAINT-SIMON: « Le régent avait la vue fort basse, elle peinait surtout en écrivant »
    Il se dit de poutres chargées d'un fardeau trop pesant. Cette solive peine trop pour résister longtemps.

 5   Éprouver du déplaisir. On peine à l'entendre.
    Répugner à. Il peine à punir.
    Impersonnellement. Il me peine de vous faire faire cette besogne.

 6   Se , v. réfl. Se tourmenter.
RÉGNIER: « Pourquoi d'âme et de corps faut-il que je me peine ? »
MOL.: « Il faut se trop pour avoir de l'esprit »
LA BRUY.: « L'honnête homme est celui qui s'est peiné à n'avoir que de la vertu »
SAINT-SIMON: « Pour des bienséances [à la mort de Monsieur] Mme de Maintenon ne s'en peina pas »

HISTORIQUE
    Xème siècle
     Fragm. de Valenc. p. 468: Jonas propheta habebat mult laboret et mult penet à cel populum
    XIème siècle
     St-Alexis, XXXIII: Dis e set ans, n'en fut nient à dire, Penat sun cors el damne Deu service [au service du Seigneur Dieu]
    XIIème siècle
     Couci, x: De ceste amour qui tant me fait pener
     Sax. XVI: .... Moult nous doit enuyer Que tant nous veut cist rois pener et travaillier
     Th. mart. 93: Les eises de sun cors fuï e esluigna, E el servise Deu jor et nuit se pena
    XIIIème siècle
BRUN. LATINI: « Por ce se devroit chascun pener de savoir la [la rhétorique], se sa nature li sueffre et li aide »
BEAUMANOIR: « Il [l'avocat] doit estre paiés selonc ce qu'il avoit pené, ains qu'il connust le [la] querele à malvese »
    XVème siècle
FROISS.: « Et prioit moult gracieusement que chacun se penast de bien faire la besogne [Édouard III à son armée] »
    XVIème siècle
MONT.: « D'abandonner du tout mes affaires il m'est très facile ; de m'y prendre sans m'en , très difficile »
PARÉ: « Il y a plus de quarante ans que je travaille et me peine à l'esclaircissement et perfection de la chirurgie »

ÉTYMOLOGIE
    Peine ; provenç. et espagn. penar ; ital. penare.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Faire de la peine, causer du chagrin, de l'inquiétude. "Cette nouvelle m'a beaucoup peiné. Votre situation me peine extrêmement."
Il signifie aussi, Donner de la peine, fatiguer. "Ce travail vous a trop, vous a beaucoup."
Il signifie encore, Travailler beaucoup et difficilement ce qu'on fait. "Ce peintre peine beaucoup ses ouvrages."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi neutre, et signifie, Répugner à. "On voit qu'il peine à punir, à gronder. On peine à vous faire de tels reproches."
Il signifie aussi, Faire des efforts pour, se fatiguer à. "On peine beaucoup en voyageant dans les pays de montagnes et de marécages. Les chevaux peinent beaucoup à tirer des bateaux qui remontent la rivière. Je peinais à entendre cet homme."
"Cette poutre, cette solive peine beaucoup, peine trop," Elle est chargée d'un faix trop pesant.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



avec le pronom personnel, signifie, Se donner de la peine. "Se pour faire quelque chose. Il s'est beaucoup peiné. Il ne s'est guère peiné dans cette affaire. Il n'aime pas à se ."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Faire de la peine, donner de la peine, fatiguer, causer du chagrin, de l'inquiétude. "Cette nouvelle m'a beaucoup peiné. Ce travail vous peinera trop. Votre situation me peine extrêmement. Cette dépense le peine un peu".
Il signifie aussi, Travailler beaucoup et difficilement ce qu'on fait. "Ce Peintre peine beaucoup ses ouvrages".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Peiner, est aussi neutre, et signifie, Répugner à. "On voit qu'il peine à punir, à gronder. Je peinois à écouter cet homme. On peine à vous faire de telsreproches".
Il signifie aussi, Avoir de la fatigue; en parlant D'hommes ou d'animaux qui travaillent, etc. "J'ai peiné toute la matinée à bêcher dans le jardin. Les chevaux cnt peiné tout le jour à voiturer des tuiles".
On dit d'Une poutre ou d'une solive qui est chargée d'un trop pesant fardeau, qu'"Elle peine beaucoup. Cette poutre peine trop".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Faire de la peine, donner de la peine, fatiguer, causer du chagrin, de l'inquiétude. "Cette nouvelle m'a beaucoup peiné. Ce travail vous a trop. Votre situation me peine extrêmement."
Il signifie aussi, Travailler beaucoup & difficilement ce qu'on fait. "Ce Poëte, ce Peintre peine beaucoup ses ouvrages."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



est aussi neutre, & signifie, Avoir de la peine. Ainsi en parlant de gens qui travaillent avec effort pour faire quelque chose, comme ceux qui tirent un bateau en remontant, on dit, qu'"Ils peinent beaucoup. Les chevaux qui remontent un grand bateau peinent beaucoup."
On dit d'Une poutre ou d'une solive qui est chargée d'un trop pesant fardeau, qu'"Elle peine beaucoup. Cette poutre peine trop."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Faire de la peine, donner de la peine. "Ce discours, cette raillerie m'ont beaucoup peiné".
"Peiner," Est aussi neut. & signifie Avoir de la peine. "Il a beaucoup peiné dans cette affaire. il a beaucoup peiné pour parvenir, aprés avoir beaucoup peiné il est mort".




Emplacement dans le dictionnaire :

peignier
peignoir
peignon
peignures
peilles
peinant
peindre
peiné
peine

peint
peintre
peinture
peinturé
peinturer
peintureur
peinturlurer
péjoratif
péjorativement
pekan
pékan




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...disparaissaient derrière d'autres vertus presque héroïques. Vivre toute sa vie en des lieux désolés, lorsqu'on aurait aimé la compagnie des autres humains et la sécurité paisible des villages ; peiner de l'aube à la nuit, dépensant toutes les forces de son corps en mille dures besognes et garder de l'aube à la nuit toute sa patience et une sérénité joyeuse ; ne jamais voir autour de soi que la...


Citation n°2 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...secours, où les femmes souffraient et agonisaient longuement, tandis qu'on s'en allait chercher une aide inefficace au long des interminables chemins emplis de neige. Pourquoi rester là, et tant peiner, et tant souffrir, lorsqu'on pouvait s'en aller vers le sud et vivre heureux ? Le vent tiède qui annonçait le printemps vint battre la fenêtre, apportant quelques bruits confus : le murmure des...


Citation n°3 de Louis HÉMON (Maria Chapdelaine)

...se montraient sur les bouleaux, les aunes et les trembles, le bois de charme se couvrait de fleurs roses, et après le repos forcé de l'hiver le dur travail de la terre était presque une fête ; peiner du matin au soir semblait une permission bénie... le bétail enfin délivré de l'étable entrait en courant dans les clos et se gorgeait d'herbe neuve. Toutes les créatures de l'année : les veaux, les...


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